La photo de rue
drôle.

La ville fait des blagues.
Il suffit de les voir.

Une sélection de photos de rue, à Paris et ailleurs

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En bref : une baignoire suspendue au-dessus d’une rue, un vélo posé sur le toit d’une sanisette : la ville fait des blagues à qui prend le temps de les voir. La photo de rue, c’est la vie de tous les jours photographiée sur le vif, dans l’espace public, sans mise en scène. L’humour en fait partie depuis toujours : Doisneau, Elliott Erwitt et bien d’autres ont guetté le détail qui fait sourire. Second Regard ajoute une étape, le titre, qui donne à la photo son second sens.

Qu’est-ce que la photographie de rue ?

La photographie de rue (en anglais, street photography) saisit ce qui se passe dans l’espace public : les passants, les vitrines, les affiches, le mobilier urbain, la lumière sur une façade. Rien n’est posé, rien n’est arrangé. Le photographe marche, regarde, attend, et appuie au moment où la scène prend forme.

Elle n’a pas besoin de grands évènements. Un geste, une coïncidence, deux couleurs qui se répondent suffisent. C’est ce qui la rend si accessible : un téléphone et une balade, et la rue fournit le reste.

L’humour, une vieille tradition de la photo de rue

Henri Cartier-Bresson a donné à la photo de rue son idée fondatrice, l’instant décisif : la fraction de seconde où tout s’aligne. Beaucoup de ses contemporains ont compris que cet instant pouvait aussi être drôle.

Robert Doisneau en a fait sa signature. Dans Un regard oblique (1948), il photographie depuis l’intérieur d’une galerie parisienne les passants devant la vitrine : madame commente le tableau qu’on lui montre, monsieur regarde ailleurs, vers une peinture plus déshabillée. Toute la photo tient dans ce regard de côté.

Elliott Erwitt, photographe de l’agence Magnum, a construit une bonne partie de son œuvre sur l’humour, en particulier avec ses chiens photographiés à hauteur de museau, souvent plus expressifs que leurs maîtres. Aujourd’hui, des photographes comme Matt Stuart à Londres continuent de chercher les coïncidences qui font rire dans la foule.

Leur point commun : l’humour n’est pas ajouté, il est trouvé. La rue le contient déjà, il faut être là et le voir.

Quand le titre fait la chute

Second Regard part de la même attention, avec une étape de plus. Les photos sont prises au fil de balades, à Paris et ailleurs, sans mise en scène. Puis vient le titre : un jeu de mots, une référence, un clin d’œil, qui ne décrit pas la photo mais la fait voir autrement.

Une boutique fermée sous l’enseigne « Fruits de Mozart » devient La flûte enchantée. Un grand numéro 36 peint au-dessus d’une caméra de surveillance devient Quai des orfèvres. Sans le titre, c’est une photo de rue ; avec lui, c’est une petite histoire. Ce geste a un nom, le photournement.

Quelques pistes pour faire des photos de rue drôles

  • Marcher lentement : les meilleures scènes se voient à l’allure d’une flânerie, pas d’un trajet.
  • Lire la ville : enseignes, affiches, panneaux et inscriptions sont les plus grands fournisseurs de jeux de mots.
  • Chercher les rapprochements : un passant habillé comme la vitrine derrière lui, une sculpture qui semble parler à quelqu’un.
  • Attendre : un décor drôle devient une photo quand quelqu’un entre dans le cadre.
  • Chercher le titre ensuite : au calme, la photo révèle souvent un second sens qu’on n’avait pas vu sur le moment.

Et pour s’entraîner en groupe, lors d’un mariage, d’un anniversaire ou d’un séminaire, Insta-Pola (nouvel onglet) propose à chaque invité de donner un titre à ses propres photos.

Deux livres de photos de rue drôles

Les livres Second Regard rassemblent chacun 100 photos de rue titrées, sur 100 pages. Les deux volumes, Le secret de la licorne et Gender reveal party, se lisent seuls, dans n’importe quel ordre, et sont vendus 14,90 €.

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La rue a de l’humour. Ouvrez l’œil.